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Au numéro 28 de la Rue Ballu dans le 9eme arrondissement il y a une maison en brique rouge avec une date de construction et un monogram affichés fièrement en façade. Le monogram, un simple 'W', montre à qui appartenait la maison, dans ce cas, un certain Charles Wislin. Mais qui était ce monsieur, et pourquoi a t-il choisi ce style d'architecture un peu gothique-flamand?
A vrai dire, la maison est bien dans un style qui était à la mode à l'époque (vous n'avez que à regarder du côté du Villiers et Wagram dans la 17eme arrondissement). Les proprietaires voulait montrer leur richesse et se voyaient un peu comme une nobilité du 15eme siècle. Le plupart étaient des banquiers, mais Wislin était un cas à part - un heritier et un artiste.
Aujourd'hui quasiment plus rien est visible de l'oeuvre de Wislin, même si on sait qu'il a été primé à l'Exposition Universelle de 1900. Il a travaillé dans un style qui a vite demodé dans un monde devenu de plus en plus 'moderne', et c'est son petit-fils, l'avocat Marcel Wislin, qui tient le plupart de la collection. En tout cas, l'art pour Wislin était plus une passion que son metier car il n'avait pas besoin d'argent. Son père était pharmacien et a deposé beaucoup de brevets, ce qui a fait de lui un homme très riche. Cette maison a été construit par peu de temps après la mort du père, quand Charles n'avait que 39 ans. Après il a beaucoup voyagé, passant une vie très paisible jusqu'à sa mort en 1932 à l'age de 80 ans.
"Pas de photos s’il vous plait" a dit le gérant du restaurant grecque du Marche de la Madeleine. Peut être le restaurant est connu pour être un endroit discrète, ou peut être il reçoit souvent des célébrités qui viennent manger ses kebabs. Ou peut être tout simplement c’est un endroit où les managers viennent manger avec leurs assistantes.
"Vous pouvez prendre des photos ici" a t-il ajouté, en parlant d’un énorme tableau dans son restaurant. Heureusement j’étais beaucoup plus intéressé par ça, donc j’ai commencé à prendre quelques photos. Tout le marché est intéressant, mais c’était son restaurant qui m’a frappé le plus. Le Marché de la Madeleine n’est pas très connu, et je pensais avant moi-même qu’il restait plus rien aujourd’hui avant finalement d’aller pousser la porte et regarder de plus près. Aujourd’hui il y a que des fast-foods, mais c’était seulement pendant ma deuxième ou troisième visite que j’avais trouvé son restaurant.
Construit dans les années 30, le Marche n’a pas survécu longtemps. Comme la plupart de marchés couverts à Paris, le déclin a commencé quand les habitudes de ménagères ont changé. Les Parisiens, pressés et stressés trouvaient qu’ils avaient plus le temps de faire leurs courses aux marchés, et ont commencé de fréquenter les super voit hyper marchés. Plusieurs marchés ne sont que des coquilles vides aujourd’hui, mais le Marche de la Madeleine a trouvé une nouvelle identité ironiquement comme fournisseur de fast-food aux businessmen (et women) très pressés.
Le décor d’origine reste, les jolies carrelages, les colonnes élégantes, les vitraux, et plusieurs unités sont occupés aujourd’hui par des traiteurs asiatiques. Leur propre décoration marrie finalement à merveille avec les couleurs d’origine (rouge) et les métallique 'fruits' et 'charcuterie' qui restent.
Sprint Press; deux mots anglais utilisés ici surement pour faire dynamique et moderne, et très appropriés quand on considère que cette révolution est venu de l'ouest. Aujourd'hui il est facile d'oublier à tel point les machines à laver où les pressings nous ont changer la vie, avec peu de traces restant dans les villes du temps des lavoirs et les lavandières.Ici, dans le Rue des Martyrs, un rappel intéressant et un peu flashy de l'époque, surtout les années 60 et 70, quand la libération des femmes de cette tache longue et ennuyeuse avait un petit point de glamour.
A la fin du très court Cité Fenelon (75009) se trouve la definition de la frustration pour un psychogeographe - un passage fermé. La psychogeographie m'intrigue, même si je ne suis pas entièrement convaincu par cette 'science', mais il est intéressant pour moi de se sentir proche du coeur de la discipline ici à Paris. C'était surtout les essais de Guy Debord qui ont popularisé la psychogeographie, même si on peut aussi citer l'influence de Baudelaire et son 'flanêur'. Debord decrivait une ville qui a été organisé pour imprisoné les habitants dans les routines travail/maison/loisir, avec la plupart des gens vivant dans des toutes petites triangles. Pour lui, le seul moyen de s'echapper est une 'dérive', soit de marcher dans la ville sans projet fixe, et de sortir des sentiers où nous avons nos habitudes. Cependant, il serait bien difficile de passer par ce chemin!
S'il y a une chose qui unie la majorité des grandes villes dans le monde c'est le fait qu'elles on été construit autour des impressionnantes masses d'eau. Souvent des rivières, mais parfois aussi des grands lacs ou des ports qui donnent sur la mer, les grandes villes ont vraiment de l'eau dans leurs veines. Historiquement, cette eau était essentielle pour le commerce et comme une source abondante de liquide, mais son rôle a été marginalisé aujourd'hui dans un monde dominé par les avions et les voitures. Il y a un groupe en France cependant qui sont déterminé à rendre visible la rivière en ville - les Street Fishers.
Mais quel est au juste le Street Fishing? Très simplement, il s'agit de la pêche dans un environnement urbain, mais pour les creators du concept, il implique plus que ça. David Pierron, le Coordinateur du Street Fishing Tour à l’AFCPL, voit le Street Fishing comme une activité sportive influencé par le skate, mais aussi un vrai choix de style de vie. Le Street Fishing tour a attiré 383 participants aux 11 événements qui ont eu lieu en 2008 en France (dont un au centre de Paris), avec un âge moyenne de 30 ans. Encore plus d'événements sont prévus pour 2009, et l'âge moyen est attendu à la baisse à nouveau. Le surprise a été l'arrivé de cette nouvelle génération pour une activité finalement très ancienne, des jeunes qui disent sentir les mêmes sensations avec le Street Fishing que avec le gaming. A Rennes, un Educateur sportif a même organisé des ateliers qui mélangent la pêche avec le Hip-hop pour les jeunes de la ville.
L'aspect urbain de cette activité est quelque chose que je connais personnellement. Il y a 20 ans, mon frère et moi pêché déjà dans la Kennet, une rivière qui coulait dans notre ville, Reading. Nos endroits préférés étaient sur des clôtures en face d'un gazomètre, ou sur un bras entre un parking brutaliste et un ancien garage à bus. A côté du parking, il y avait un saule, et quand on pêchait là-bas les soirées chaudes d'été, on pourrait écouter la rivière et regardait les roseaux qui pointaient leurs doigts vers nous. Des Martins Pécheurs passaient devant nous dans une balle de flamme, et les libellules posaient sur nos cannes à pêche. Le bruit sourd des voitures dans la ville donnait un fond de son, mais c'était les plutôt les canards et les poules d'eau qui attiraient notre attention.
Cependant, je n'ai jamais pêché à Paris, et je ne peux pas dire non plus que je vois souvent des pêcheurs sur la Seine ou sur le Canal St Martin. L'eau à Paris est marron et opaque, utilisé surtout comme un chemin pour les bateaux mouches et comme un miroir pour l'architecture à bord de l'eau. Pour Pierron cependant, l'activité est en expansion, dans un environnement qui a beaucoup à nous apprendre. "C'est la dernière part de nature réellement sauvage qui persiste en ville. A première vue, le street fisher n'évolue pas dans la nature, mais une fois au bord de l'eau, l'esprit du pêcheur n'est plus focalisé que sur cette ultime part de vie sauvage, l'eau". L'aspect éco-citoyen de ce choix de vie est également clairement revendiqué. "Après les années noires de la pollution, c'est clairement une réappropriation des eaux urbaines. Avant, il y avait que 3 espèces de poissons dans la Seine, il y en a maintenant 32 dont le saumon".
Mais quelle est la différence entre le Street Fishing et la pêche de tous les jours? Essentiellement, il n'y a pas de différence, et les bases de l'activité sont les mêmes dans tous les environnements. Les techniques qui sont nécessaire pour le pratique de ce sport sont des compétences importantes à apprendre à toute âge, mais peut être surtout pour les jeunes. Pierron parle "d'observation, de maîtrise de soi et de sa gestuelle, des valeurs d'écocitoyenneté et surtout d'humilité" comme des éléments particulièrement important. La pêche peut aussi donner un vrai sens d'accomplissement. Comme explique Pierron, "Comme dans la vie, il y a des parts de chance et de malchance, mais la réussite ou l'échec tiennent souvent de nos choix. Il faut comprendre la nature, les poissons. C'est d'ailleurs l'essentiel au final, la prise devient la concrétisation de notre compréhension". On peut aussi dire qu'il donne un aperçu de ce que se passe sous l'eau, et il montre que la nature existe bel et bien dans la ville.
Cependant, il y a deux différences que les Street Fishers aiment souligner entre leur sport et la pêche en général. D'abord, l'activité n'est plus sédentaire, mais est plus basé sur le mouvement. Le street fisher utilise un matériel léger, et cherche continuellement le meilleur endroit à chaque moment. Deuxièmement, les street fishers ne gardent jamais hors de l'eau longtemps les poissons, et les mangent jamais. "Oui, le street fisher est un militant" explique Pierron, "militant pour une pêche moderne et responsable". Il parle de 'Catch and Release', mais sur le site web, on trouve des logos style graffiti pour le 'NoKillGeneration'.
Parlant avec Pierron, et entendant sa passion pour son sport, j'ai envie de sortir mes cannes du placard à nouveau. Comme dit Pierron, le Street Fishing ne doit être forcement une histoire de toute une journée, mais peut être seulement une heure après le travail. Il serait une heure hypnotique de calme, concentration et relaxation, et l'opportunité de déconnecter de la ville et reconnecter avec la nature. Avec un peu de chance, j'aurais aussi l'occasion de revoir la force et la beauté d'un brochet, une perche ou un chevaine encore.
Note: Merci beaucoup à David Pierron et Jullian Frédéric à l’AFCPL pour leur assistance avec ce papier. Ils ont fourni toutes les photos et images, et elles peuvent être utilisées qu’avec leur accord. Les photos ont été prises à Paris sur le Canal St Martin pendant le Street Fishing Tour.
2009 est le 200eme anniversaire de Charles Darwin est il est très amusant lors de cette année de voir le débat création/évolution écrit sur les toits de Paris.
L’artiste est inconnu, mais a-t-il choisi sa cible par hasard? En fait, ce clocher n’appartient pas à une église lambda, mais au Foyer de l’Âme, une église protestante moderne et libérale ouvert par le Pasteur Charles Wagner en 1907. A l’entrée du temple, un message est écrit sur la mur ; « Ici on enseigne l’humanité ». Et si l’artiste avait choisi ce batiment simplement pour attirer l’attention sur ce qui fait la différence de cette église ?
Le Foyer de l’Âme, Rue du Pasteur Wagner, 75011.
Ah, les Grands Magasins, toujours à la pointe de la mode...sauf qu'en réalité ils regorgent plutôt de coins complètement démodé. Mais pour moi, il est justement ces coins là qui donnent de la charme à ces établissements. La Porte Joubert, une entrée peu utilisé dans les Galeries Lafayette, date peut être des années 50, et il n'y a pas grande chose qui a changé depuis. Il y a un petit comptoir de réparation de montres qui s'appelle joliment 'Le Marche du Temps', puis une allé de perruques. Cet endroit me rappelle ma jeunesse en Angleterre. C'était le rêve de ma sœur, mon frère et moi d'être enfermé une nuit dans le grand magasin de la ville où on habitait, un monde mystérieux et merveilleux. Beaucoup de choses ont changé depuis, mais je garde toujours ce rêve d'enfant.